Le juste milieu se situe au delà du cercle, sur une terre vierge.
Lunoblique
Perspective ou ligne de fuite
la nuit déforme le jour
On veille on pense à tout à rien
On écrit des vers de la prose
On doit trafiquer quelque chose
En attendant le jour qui vient
La brume quand point le matin
Retire aux vitres son haleine
Il en fut ainsi quand Verlaine
Ici doucement s'est éteint
Plusieurs sont morts plusieurs vivants
On n'a pas tous les mêmes cartes
Avant l'autre il faut que je parte
Eux sortis je restais rêvant
Tout le monde n'est pas Cézanne
Nous nous contenterons de peu
L'on pleure et l'on rit comme on peut
Dans cet univers de tisanes
Jeune homme qu'est-ce que tu crains
Tu vieilliras vaille que vaille
Disait l'ombre sur la muraille
Peinte par un Breughel forain
On veille on pense à tout à rien
On écrit des vers de la prose
On doit trafiquer quelque chose
En attendant le jour qui vient.
Léo Féré
Le juste milieu se situe au delà du cercle, sur une terre vierge.
Le soleil si bas et j'ai froid
Le jour si court et je cours
Après les chimères d'une lumière
Sur le mur il y a ce petit bouton
Et une ampoule au plafond
Le temps perdu
A ne rien faire
Flamme immobile
Qui se consume
Une aube au visage sphérique
Couronné de boucles anarchiques
Et cette tâche dans les yeux uniques
Pour des regards féeriques
Et tu joues et tes joues
Deux soleils roses printemps
Que tu étais belle mon enfant
Je n’aimais pas lire les histoires
J’en inventais quand venais le soir
Pour finir assise sur mon dos
Dans un délire fou de rodéo
Et tu joues et tes joues
Deux soleils roses printemps
Que tu étais belle mon enfant
Quand sonnait l’heure du bain
Il y avait des rires et des pleures
Malgré mes mains douceur
Pure torture était le shampoing
Et tu joues et tes joues
Deux soleils roses printemps
Que tu étais belle mon enfant
Il y a eu ruse et patience
Le temps d’un été en vacances
Pour que l'eau soit ton élément
Tu es dauphin maintenant
Et tu joues et tes joues
Deux soleils roses printemps
Que tu étais belle mon enfant
Tant de noëls sont passés
Tant d’anniversaires à fêter
Aujourd’hui tu es majeure
Que ta liberté soit bonheur
Et tu joues et tes joues
Deux soleils roses printemps
Tu es belle femme enfant
Un autre toi
Sous un même toit
Transfuge des non-dits
Refuge de l'esprit
Les insomnies
M'ont fait voyager
Au-delà des rêves
J’hésitais entre droite et gauche
Il m’est apparu une évidence
Si je me retourne
La droite deviens gauche
Alors j’ai sortie un pièce
Pour un pile ou face
En la voyant tournoyer
Elle reflétait l’image que je voulais
Peu importe la direction
J’ai fait dix pas de coté
Je l’ai bien observé
Elle était toujours aussi ronde
Déçu de ne pas voir sa perspective
J’ai voulu découvrir sa face cachée
En faisant mille pas en avant
Sans avoir à lever les yeux
Il me fallait aller derrière l’horizon
J’ai marché, marché
La face de mon visage c’est retrouvée à l’horizontale
Je me suis mis à courir à l’envers
Petit à petit elle a disparu
Revenu à mon point de départ
J’ai compris que j’avais fait le tour de la terre
Fallait-il en être fière ?
Non
Je n’ai rien vu de la planète
Et je ne saurai jamais ce qu’il y a derrière la lune
Vu des étoiles
Les plages de galets
Ont une finesse infinie
A faire pâlir de jalousie
Le plus blanc des sables
Qui de la haut paraît bien insignifiant
L'écume
La rage des vagues
De n'être qu'éphémère
J’adosse
Mon tas d’os
Sur l’un des improbables piliers
De la voûte céleste
Me sentant lourd du futile
Les étoiles se lestent de lumière
Croyant utile à la mort
De faire semblant de vivre
Photographie Paolo Pellegrin